Un blog sur la pornographie, et l'autogynéphilie

L’auto quoi ?

Ce blog concerne l’addiction à la pornographie, les fantasmes qu’elle nourrit et ceux sur lesquels elle prospère, et notamment sur une orientation peu connue qu’on appelle l’autogynéphilie. Qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’un fantasme sexuel rare, mais très perturbant, affectant uniquement les hommes. Il vit dans l’ombre et n’aime pas trop se dire, tant il est incompris, tant il paraît bizarre. Pendant des années, je me suis crû homosexuel, ou peut-être transexuel. En fait, je suis autogynéphile. L’autogynéphilie est un terme qui a fait son apparition dans les années 1980, sous la plume d’un sexologue américain, Ray Blanchard, qui travaillait sur la transexualité.

Ce terme désigne une orientation sexuelle dans laquelle l’homme se fantasme comme une femme. Si, dans vos fantasmes qui accompagnent vos masturbations, vous vous imaginez être la femme, si, lorsque vous visionnez un film pornographique, vous vous identifiez à la femme et enviez son plaisir à elle, cherchant à le reproduire par l’entremise du fantasme, cela signifie que vous êtes autogynéphile. Le terme lui-même est construit sur des racines grecques : « auto »  , qui signifie soi, « gyné« , qui signifie femme, et « philia » , qui signifie amour. L’autogynéphilie est donc « l’amour de soi en femme ». Ce terme renvoie à une pulsion érotique. Je suis excité à la pensée de m’imaginer en femme durant l’acte sexuel. C’est uniquement dans le cadre de l’excitation sexuelle que cette identité apparaît.

A quoi est-ce que cela ressemble l’autogynéphilie ? Qu’est-ce que ça fait ? Est-ce que j’imagine un homme me prenant dans ses bras musclés ? Et bien, pas du tout. De cette fantasmatique, l’homme est totalement absent. Ce sont uniquement les formes et les courbes du corps féminin qui m’excitent. Je les projette sur mon propre corps, comme comme pour me les approprier, et ainsi m’approprier le plaisir de la femme, que je ressens comme absolu et interdit.

Une fois l’orgasme passé, ce fantasme d’être femme disparaît brusquement, et complètement… Pendant quelques minutes. Puis il revient. Car le propre de l’orgasme issu de cette excitation là, c’est qu’il est toujours décevant (forcément). Il ne vous emmène jamais à satiété. Vous ne passez pas à autre chose. Vous finissez juste par être suffisamment fatigués pour ne plus vouloir continuer, ce soir là.

Pourquoi faire un blog là dessus ? Parce que cette tendance est profondément perturbante – en tous cas, chez moi. Elle rentre en conflit avec l’identité masculine au sein de laquelle je vis le reste du temps. Elle fragilise l’identité sexuelle dans laquelle je me reconnais, qui est hétérosexuelle.